18 août 2006

Arthur Rackham: Une Alice Belle Epoque / Edwardian Alice

rackham

Arthur Rackham (Self Portrait)

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Arthur Rackham (1867 – 1939) illustrated in his turn Alice in Wonderland in 1907. He illustrated many other works, mostly children books (English Fairy Tales, Peter Pan in Kensington Garden…) but also a Midsummer’s Night Dream or The Rhinegold and the Valkyrie.

His pictures are incredibly delicate and beautiful, especially concerning the treatment of colour (in muted hues of grey, brown, cream and pink). This delicacy of colouring is allied with a very accurate and graphical drawing in black. The choices in the angles and the composition are definitely bolder than the ones made by Tenniel _ who was less free, it must be said, as Lewis Carroll checked every detail of his engravings. The pictures convey an impression of movement and delightful fluidity.

The graphical choices are very original and so is the vision of the work given through the drawings. The muted colours give a melancholic look to this universe which even seems a bit disturbing at times, as dreams sometimes are.

Arthur Rackham (1867 – 1939) illustre à son tour les aventures d’Alice en 1907. Rackham a illustré de nombreuses œuvres, la plupart des livres pour enfants (English Fairy Tales, Peter Pan in Kensington Garden…) mais aussi le Songe d’une Nuit d’Eté de Shakespeare ou encore L’Or du Rhin et la Valkyrie.

Ses très belles illustrations sont d’une délicatesse infinie, particulièrement le traitement des couleurs (dans des camaïeux de gris, bruns, crème et rosé). A la délicatesse du coloris répond un dessin très graphique et précis, souligné de noir. Le choix des angles de vue et la composition sont sans aucun doute plus audacieux chez Rackham que chez Tenniel _ même s’il faut dire à la décharge du dernier qu’il n’était pas aussi libre, comme Lewis Carroll vérifiait le moindre détail de ses gravures. Les illustrations de Rackham dégagent une impression de mouvement et de fluidité merveilleuse.

Les choix graphiques sont très originaux, de même que la vision de l’œuvre qui se dégage à travers les dessins. L’univers tout en demi-teinte semble empreint de mélancolie, et devient presque dérangeant à certains moments, comme les rêves peuvent l’être parfois.

The Pool of Tears/ La Mare de Larmes

plate1I like the unusual composition of this drawing. A diagonal crosses the picture from the up-left corner to the down right corner; all the characters are in the upper part of it, looking to the left, which goes against the normal sense of reading _ in a way they go against the tide. The disturbing detail… there is a giant crab under water…

J’aime beaucoup la composition inhabituelle de ce dessin. Une diagonale traverse l’image du coin supérieur gauche au coin inférieur droit, en haut de laquelle se situent tous les personnages ; des personnages qui regardent vers la gauche, ce qui va à l’encontre du sens de lecture normal _ en un sens ils vont à contre-courant. Le petit détail dérangeant: le crabe géant…

The White Rabbit/ Le Lapin Blanc

The dark trees which are silhouetted against the luminous sky makes this plate almost look like a Japanese plate3engraving. The characters (Alice and the White Rabbit) occupy only the lower quarter of the picture, which is, once again quite an unsual framing for an illustration. The disturbing detail… the White Rabbit is albinos (see the red eyes…)

La silhouette des arbres sombres se détachant sur le ciel lumineux rapproche presque cette illustration d’une estampe japonaise. Les personnages (Alice et le Lapin Blanc) n’occupent que le quart inférieur de l’image, ce qui est, encore une fois, un cadrage assez inhabituel pour une illustration. Le petit détail dérangeant… le Lapin Blanc est albinos (voir les yeux rouges)

The Duchess and the Cook/ La Duchesse et la Cuisinière

This drawing is incredibly dynamic, and conveys perfectly an impression of frantic madness, with objects flying all other the place and characters who are off balance. The only stable element in this picture is the smiling cat of Cheshire which seems completely unaffected by all this. The effect of depth is achieved through the straight lines of the floor, contrasting with the complicated volutes of the thick opaque smoke. To my mind, this drawing plate5is actually rather violent; the colours are darker and almost everything seems disturbing: the smoke threatening to overwhelm everything, the broken plates, the white rolled eyes of the cook, the scrawny hands of the duchess looking almost like paws.

Ce dessin est incroyablement dynamique, et rend parfaitement l’atmosphère de folie furieuse qui règne dans la cuisine : les objets volent dans tous les sens, tous les personnages sont représentés en équilibre instable. Le seul élément stable de l’image est le souriant chat du Cheshire, qui ne semble pas le moins du monde affecté par tout ceci. L’effet de profondeur est souligné par les sillons du parquet, agissant comme des lignes de fuites ; ces lignes droites contrastent avec les volutes compliquées de l’épaisse fumée opaque. Ce dessin est assez violent, à mon avis ; les couleurs sont plus sombres, et presque tous semble menaçant : la fumée qui menace de tout engloutir, les éclats d’assiettes, les yeux blanc de la cuisinière qui roulent dans leurs orbites, les mains squelettiques de la duchesse qui ressemblent presque à des griffes.

A Mad Tea Party / Un Thé chez les Fous plate7

Contrary to the previous plate, everything is still here. The effect of depth is used to underline the absurd length of the empty table. Alice who is sitting at the end of it in an enormous armchair seems very lonely. 

A l’inverse de la planche précédente, tout est immobile ici. L’effet de profondeur souligne l’absurde longueur de la table vide. Assise tout au bout de la table dans un énorme fauteuil, Alice semble bien seule.

“You’re nothing but a pack of cards!”/ “Vous n’êtes rien d’autres qu’un paquet de cartes!”

plate12Another very dynamic composition: Alice, represented from below, is taken in a whirlwind of animals and playing cards. The upward movement is made visible in the movement of the dress and the hair. I like this drawing better than the one made by Tenniel. The attitude of Alice in this drawing is more expressive; to remove the floor also contributes to reinforce the general effect. The transition between dream and reality is operated within the drawing in a very subtle way: the cards in the lower part of the drawing still have hands and feet which gradually disappear when you move up to turn into plain everyday playing card.

Une autre composition très dynamique. Alice, en contre-plongée, est prise dans un tourbillon d’animaux et de cartes à jouer ; sa robe et sa chevelure sont aspirées vers le haut. Je préfère ce dessin à celui de You_re_nothing_but_a_pack_of_cardsTenniel sur le même sujet : l’attitude d’Alice est plus expressive, ne pas l’absence de sol renforce encore l’effet de mouvement. La transition entre le rêve et la réalité a lieu avec cette seule image: dans la partie inférieure du dessin les cartes ont des mains et des jambes, qui disparaissent à fur et à mesure que l’on s’élève, pour n’être plus que de banales cartes à jouer.

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A Few Links.../ Quelques Liens :

boutoncoeurSome more pictures by Arthur Rackham added in my Alice album, here:

D’autres images d’Alice par Arthur Rackham dans mon nouvel album, à la suite de Tenniel:

http://returnofthedodo.canalblog.com/albums/illustration__alice_in_wonderland/index.html

BoutonpiqueThe complete set of the illustrations of Alice in Wonderland by Arthur Rackham:

La série complète des illustrations d’Arthur Rackham pour Alice au Pays des Merveilles :

http://www.bugtown.com/alice/

boutoncoeurArthur Rackham art images (free online gallery): pictures from d'Alice in Wonderland, Gulliver's Travels…

Arthur Rackham art images: de très nombreuses illustrations d'Alice..., des Voyages de Gulliver... (en anglais) :

http://www.artpassions.net/rackham/

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12 août 2006

John Tenniel: Victorian Alice / Une Alice victorienne

"And what is the use of a book," thought Alice, "without pictures or conversation?"

"Et, pensait Alice, à quoi peut bien servir un livre sans images ni dialogues ?"

(Alice in Wonderland, incipit)

John_Tenniel

John Tenniel

Logically, this article should have been the second one, following shortly my little introduction justifying the existence of this useless thing called a blog. A friend wanted to know more about the wonderful drawings that I shamelessly used in my banner and in my signature, so here it is. Both engravings come from the original plates of Alice in Wonderland, (reluctantly) approved by the author himself, Lewis Carroll aka Charles Dodgson. The illustrator, John Tenniel (1820-1914), is best known for illustrating Alice in Wonderland (1865) and Alice Through the Looking Glass (a kind of “sequel”, although the books can be read in whatever order), but he was also a political cartoonist in a famous magazine of the time, Punch. His biography can be found here: http://www.victorianweb.org/art/illustration/tenniel/pva65.html 

En toute logique, cet article aurait du être le second en ligne et suivre de près ma petite introduction justifiant l’existence de cette chose inutile appelée blog. Une amie voulait en savoir plus sur les merveilleux dessins que j’ai utilisés sans vergogne pour ma bannière et ma signature, et bien voilà qui est fait. Les deux gravures proviennent des planches originales d’ Alice au Pays des Merveilles, approuvées (à contre-cœur) par l’auteur lui-même, Lewis Carroll alias Charles Dodgson. L’illustrateur, John Tenniel (1820-1914), est surtout connu pour avoir illustré Alice au Pays des Merveilles (1865) et Alice Derrière le Miroir (une sorte de « suite », même si l’ordre de lecture est indifférent) mais c’était aussi un caricaturiste dans un célèbre magazine de l’époque, Punch. Sa biographie peut être trouvée ici :

http://www.victorianweb.org/art/illustration/tenniel/pva65.html ( en anglais).

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Alice in Wonderland/ Alice au Pays des Merveilles

alice_cheshireAlice and the Cheshire Cat /Alice et le Chat du Cheshire:

Useless to say that this rather famous illustration is one of my favourite. My name isn’t Cheshirecat for nothing. What is interesting here is that the drawing has an unusual shape (even more for the time) so that it frames the text, or rather the text is part of the illustration. The cat is almost out of proportion, which goes well with the underlying theme of transformation (little/tall).

Inutile de dire que cette illustration célèbre est une de mes préférées. Mon nom n’est pas Cheshire Cat pour rien. La forme inhabituelle du dessin (surtout pour l’époque) est très intéressante : le dessin encadre le texte, ou plutôt le texte fait partie intégrante de l’illustration. Le chat est presque disproportionné, ce qui s’intègre plutôt bien avec le thème sous-jacent de la transformation (grand/petit).

The Dodo: Copie_de_aliceanddodo

I had to put this one too. The dodo (a big bird unable to fly, which became an extinct species during the 18th century) is drawn with an almost scientific accurateness… except that two hands are added, as in a surrealistic collage.

Ce dessin est un passage obligé, vu le titre du blog… Le dodo (un gros oiseau incapable de voler, espèce déjà disparue à la fin du 18ème siècle) est dessiné de façon presque scientifique, sauf que deux mains sont ajoutées, un peu comme dans un collage surréaliste !

The Trial/ Le Procès:

kingThe style of this drawing is obviously very different from the others. There is almost no effect of perspective and the characters seem to be flat, just like playing cards. This is also reinforced by the symmetry right/left and up/down.

Le style de ce dessin est très différent des autres, intentionnellement. La perspective est presque inexistante et les personnages semblent plats, comme des cartes à jouer. Cet effet est renforcé par la symétrie droite/gauche et haut/bas.

Alice Trough the Looking-glass/ Alice derrière le miroir

Copie_de_Leaving_the_everyday_world

These first two drawings are one of the best of the whole set, according to me. They depict in a very clever manner the passage from the everyday world to another world at once very similar and subtly different, the world of dream. The likeness is obviously achieved though the symmetry: the decor is reversed _normal for a mirror; the heroine turns her back in the first picture and faces us in the next; even Tenniel's signature is mirrored. Yet there are slight differences. The second picture is lighter; the clock has become a round-faced, smiling character: Alice has just left the dull world of adults for a bright world of fantasy. The first picture, in which Alice’s head blends into the darkness of the mirror, expresses perfectly a diving into the unknown.

Ces deux premiers dessins sont parmi les meilleures de la série, d’après moi. Ils montrent de façon très fine le passage du monde de tout les jours à un monde à la fois très semblable et  subtilement différent, le monde du rêve. La ressemblance est créée grâce à la symétrie : le décor est inversé (normal pour un miroir) ; l’héroïne nous tourne le dos dans la première image et nous fait face dans la seconde; même la signature de Tenniel est en miroir. On trouve cependant quelques légères différences. La deuxième gravure est plus claire, la pendule s’est transformé en petit bonhomme au visage rond et souriant: Alice vient juste de quitter le monde terne des adultes pour entrer dans un monde de fantaisie. La première gravure, dans laquelle la tête d’Alice se fond dans l’obscurité du miroir, exprime parfaitement cette plongée dans l’inconnu.

Copie_de_Shaking_the_Red_Queen

The last two pictures work a bit like the first two. They provide a subtle transition between day-dream and everyday life. The Red Queen turns into a black kitten: the hands turns into paws, the sharp crown into two pointed ears, and the tail of the coat into a real tail…

Les deux dernières images fonctionnent sur le même principe que les deux premières. Elles forment une transition subtile entre le rêve éveillée et le retour à la réalité. La Reine Rouge se transforme en chaton noir: les mains deviennent des pattes, la couronne pointue deux oreilles pointées et le manteau une queue…

Some more pictures in my new album, here : http://returnofthedodo.canalblog.com/albums/illustration__alice_in_wonderland/index.html

The complete set can be found, once again, on the Victorian Website, here: http://www.victorianweb.org/art/illustration/tenniel/)

D'autres images, dans mon nouvel album :

http://returnofthedodo.canalblog.com/albums/illustration__alice_in_wonderland/index.html

Les 42 gravures peuvent être trouvée sur le Victorian Website à : http://www.victorianweb.org/art/illustration/tenniel/)

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06 août 2006

Back to front

"True friends stab you in the front"

Oscar Wilde

PS : A la demande générale de mon lectorat fidèle ( c'est-à-dire, de Gabriele ), voici une petite traduction, qui j'espère, rendra le jeu de mot de façon satisfaisante :

"Les vrais amis vous poignardent par devant"

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04 août 2006

De Retour d’Italie !/Back from Italy !

I added a new album with photos and (very few) sketches from the wonderful regions of Puglia and Basilicate in Southern Italy. The photos were made by my father; some more photos will be added soon, when the last film is developed.

Most of the photos are from Matera in Basilicate, a breathtakingly beautiful city of intricate houses directly carved into the rock, hanging over a canyon. In 1993 it was declared "world heritage" by the UNESCO. The amazing thing is that when you’re in the old part of the city (the so-called “sasso”) you can fancy yourself walking in Jerusalem some 2000 years ago. This is why it was chosen by Mel Gibson for the setting of his film-that-I-don’t-feel-like-watching-at-all, The Passion. Basilicate is a slightly less risky place to shoot a film than the original place, this goes without saying… Before him, Pasolini had also shot his own version in The Gospel According to St Matthew in the same city, hence the black and white postcard I added.

Map_Puglia

J’ai ajouté un nouvel album contenant des photos prises par mon père en Basilicate et dans les Pouilles, en Italie du Sud, plus deux malheureux croquis. D’autres photos viendront bientôt s’ajouter à l’album, dès que la dernière pellicule sera développée.

La plupart des photos ont été prises à Matera en Basilicate, ville-labyrinthe d’une beauté à couper le souffle, dont les maisons creusées directement dans le roc surplombent un canyon vertigineux.  La partie ancienne de la ville ( le « sasso ») a été déclaré Patrimoine Mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1993. Quand on s’y promène on a presque l’impression de déambuler dans le Jérusalem d’il y a 2000 ans (en faisant abstraction des quelques boutiques de souvenirs…). C’est pour cela que Mel Gibson a choisi d’y tourner la Passion _inutile de préciser que tourner un film en Basilicate n’est pas tout à fait aussi risqué que le tourner dans les lieux originaux… Avant lui, Pasolini avait également tourné son Evangile selon St Matthieu dans la même ville, d’où la carte postale en noir et blanc que j’ai ajoutée.

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19 juillet 2006

Apologies/ Mes excuses !

I'm leaving tomorrow for Italy. I won't be back before two weeks, so that I'll not be able to post anything on this blog before the 4th of July. Be patient ! When I come back I'll add three posts on the illustrators of Alice in Wonderland. There might be choosen photos from South Italy or sketchs from my trip, but this I cannot promise. Maybe I'll be simply too lazy to hold a pen or a camera down there. See you soon !

Je pars demain pour l'Italie. Je ne rentrerai pas avant deux semaines et ne pourrai donc rien ajouter sur ce blog avant le 4 juillet. Soyez patient et vous ne le regretterez pas ! A mon retour je rajouterai trois articles sur les illustrateurs d'Alice au Pays de Merveilles. Il se peut que je mette également en ligne des photos d'Italie du Sud ou des croquis fais sur place, mais ça, je ne peux pas le promettre. Là-bas j'aurai peut-être seulement la flemme de tenir un crayon ou un appareil photo. A bientôt !

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13 juillet 2006

Ceci n’est pas un titre

Selon une étude très inofficielle, le visiteur d’un musée reste devant chaque peinture en moyenne cinq secondes, dont il faut soustraire les trois bonne secondes passées à lire la légende. Stupide?

Pas tant que ça. Avec Magritte, on pourrait dire que le titre est au moins aussi important que le peinture! Les peintures de Magritte, que j’aime beaucoup, sont des idées poétiques transposées en images plus que des images pouvant éventuellement évoquer des idées.

La façon de peindre est très classique, même si les personnages ont des traits un peu figés et naïfs; Magritte joue beaucoup avec ce côté très « trompe-l’œil », comme dans La Condition Humaine, l’Aimable Vérité, la Tentation de l’Impossible _ une variation sur le mythe de Pygmalion_ et le très célèbre La Trahison des Images, on l’on voit une image de pipe, et en dessous, une image de légende qui affirme : “Ceci n’est pas une Pipe”

La Condition humaine est un titre grandiloquent légèrement teinté d’ironie. C’est une sorte de mise en abyme : Une toile représentant une toile sur laquelle on a reproduit un paysage si fidèlement que celui-ci se fond avec le « vrai » paysage aperçu par la fenêtre, si bien que le spectateur a les plus grandes difficultés à les distinguer (surtout sur un reproduction de piètre qualité, mais ça c’est un autre problème!) Magritte adore jouer avec lieux communs, ici, l’idée que le tableau est une fenêtre sur le monde. Et la Condition Humaine dans tout ça ? J’imagine que le tableau st une illustration du topos selon lequel la vie n’est rien qu’une illusion…

Certains titres sont de petits poèmes à eux tout seuls :

L'Empire des lumières

Les Fleurs de l'Abîme : « Abîme » peut s’entendre à la fois dans le sens propre et dans le sens figuré de ruine

Le Palais des Rideaux

Le Brise-lumière

Le Sens de la nuit … “sens” signifie à la fois signification et direction. Le titre est, je suppose, un jeu de mot sur “Le Sens de la Vie”

La Saveur des Larmes

Les Jours gigantesques (avec une allitération en “j”!)

La Durée poignardée: ce superbe titre est évidemment une allusion au train et aux moyens de transports modernes qui « abolissent » la durée. Peut-être trop évident et trop simple cependant. Le train, qui connote une vitesse vertigineuse, détonne plutôt dans ce décor bourgeois empesé où le temps semble s’être arrêté.

Le Faux Miroir est un autre titre parfait. Le tableau montre un œil grand ouvert dont la paupière reflète le ciel _ ou EST le ciel. Une illustration littérale de la description clichée des yeux « bleus comme les cieux » ; le titre prend à contre-pied l’expression « les yeux sont le miroir de l’âme ». Le tableau lui-même pourrait être ce « Faux miroir » qui reflète en le déformant le monde extérieur…

D’autres titres sont de simples expressions figées (La Clé des champs, les Valeurs personnelles) que Magritte détourne en les confrontant avec ces peintures : « La Reproduction interdite » en est un très bon exemple (très amusant, par ailleurs) : un  homme, de dos, se regarde dans une glace mais le seul reflet qu’on y voit, c’est celui de son dos… pas moyen de voir son visage ! Certains titres éclairent des peintures intrigantes, mais d’autres semble ne pas avoir de lien avec la peinture qu’ils intitulent et être là plutôt par hasard, façon cadavre exquis. Un peu comme M. et Mme Martin, dans le Cantatrice Chauve, qui sont de parfaits inconnus l’un pour l’autre mais qui sont pourtant mari et femme… Exemples : « Le Modèle Rouge » (qui représente une chaussure-pied) ou "La Grande Famille" (un oiseau-ciel)

Plusieurs titres proviennent d’oeuvres littéraires :

La Folie Almayer (Le premier roman de Joseph Conrad)

Le domaine d’Arnheim (d’Edgar Allan Poe)

Un prêtre marié (Barbey D’Aurevilly), etc.…

Je n’ai pas réussi à trouver de rapport évident entre le petit essai de Poe et ce que le tableau représente. Ce n’est pas tellement plus clair pour La Folie Almayer. Le bâtiment fantastique qui y est représenté (une tour pourvue de racine) peut faire penser à la maison orgueilleuse d’Almayer, à la végétation luxuriante de Bornéo, ou pourrait être la métaphore de la folie ancrée dans l’âme d’Almayer… En fait je ne pense pas qu’une seule interprétation soit juste, peut-être même que toutes se valent, ou bien aucune n’est juste. Quelque chose de sombre et d’inexplicable persiste, et c’est précisément cela qui rend les peintures fascinantes. Selon la légende, Magritte ne choisissait pas ses titres lui-même ; il se contentait de montrer les peintures à ses amis et de leur demander quel était leur sujet, d’après eux.

Je ne peux pas résister à l’envie d’ajouter deux tableaux que j’aime et dont les titres semblent évidents _ car si bien choisis. Le premier est très amusant: on y voit un peintre qui prend pour modèle un œuf… et peint un oiseau. Son titre? La Clairvoyance. Difficile de trouver une métaphore plus réussie

Le dernier est à la fois dérangeant et fascinant. Les Amants représentent deux figures, un homme et une femme, qui s’embrassent… rien de très surprenant jusque là, sinon que leurs visages sont recouverts d’un drap blanc ! Magritte joue probablement avec une expression figée, comme de très nombreux tableaux : « L’amour est aveugle ». Mais pas seulement. Les amants sont comme dérobés à la vue du spectateur trop curieux, comme deux peintures que l’on recouvre avant de les exposer au public. De cette scène se dégage une impression d’intimité volée et de sensualité. Les draps blancs sont les draps du lit, de l’amour, bien sûr, mais ils pourraient tout aussi bien être des linceuls…

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Visitors in museums allegedly spend in average 5 seconds in front of each painting, including 3 whole seconds dedicated to the caption only! Pretty dumb, isn’t it?

Well, not always. It could be argued that with Magritte, half the work is with the title! Magritte’s paintings, which I love, can be seen more as poetical ideas shaped into images more than images which can incidentally convey ideas.

The way of painting is almost overly classical, although the character have somewhat frozen, naïve features; Magritte often plays with this “trompe-l’oeil” quality in many paintings such as La Condition Humaine (The Human Condition), l’Aimable Vérité (The Pleasant Truth), la Tentation de l’Impossible (Attempting the Impossible) _ reinterpreting the myth of Pygmalion_ and the much-commented La Trahison des Images (The Betrayal of Pictures ), featuring a picture of pipe with a picture of caption claiming : “Ceci n’est pas une Pipe” ( This is not a pipe)

La Condition humaine is a grand-sounding title that may have some ironical connotations: it’s a kind “mise en abyme” representing a canvas on which a landscape is so perfectly reproduced that it blends into the “real landscape” of the window, so that the viewer can hardly tell the canvas from the landscape (especially on poor quality reproductions, but this is another matter). A painting is very often described as a window unto the world. As to the relation to “the Human Condition”, I guess it is an illustration of the topos that human life is nothing but an illusion.

Some titles are little poems in themselves:

L'Empire des lumières (The Dominion of Light)

Les Fleurs de l'Abîme : « Abîme » has a double meaning: Abyss and Ruin

Le Palais des Rideaux (The Palace of Curtains)

Le Brise-lumière (The Light Breaker)

Le Sens de la nuit“sens” could be translated both by “meaning” and “direction”; the title being, I guess, a pun on “Le Sens de la Vie”, “The Meaning of Life”

La Saveur des Larmes (the Taste of Tears)

Les Jours gigantesques (The Titanic days) The French title has a nice alliteration.

La Durée poignardée (Time Transfixed). The “official” translation of this title is really poor. The original one literally means “Ongoing Time stabbed by a dagger”. This utterly brilliant title obviously refers to the train and to quick modern means of transport as something abolishing time. It might be too obvious and simple though. The train and its connotation of dazzling speed are ironically in clash with the ponderous bourgeois décor where time seems to have stopped.

Le Faux Miroir (the False Mirror) is also a perfect title. The picture shows a wide open eye whose iris reflects the sky _ or is made of sky. It takes literally the cliché description of eyes “blue like the skies”; its title comes from the expression “The eyes are the mirror of the soul”. The painting itself could be seen as a “false mirror” of the external world, or at least a distorting mirror!

Other titles are mere frozen expression (La Clef des Champs, Les valeurs personnelles) which, when put in clash with the pictures, acquire a new meaning. “La Reproduction Interdite (Not to be reproduced) is a good (and funny) example: it shows a man looking into a mirror but the reflexion in it is his back… the frustrated viewer will never see his face! It seems that some titles throw light on quizzical pictures, but others seem to have been put coincidently side by side with the picture they entitle, like in a game of consequences. A bit like Mr and Mrs Martin in the play La Cantatrice Chauve (The Bald Soprano) who are total strangers to each other and yet happen to be husband and wife. This is the case for some obscure titles like Le Modèle Rouge (The Red Model), representing a “shoe-foot”, or La Grande Famille (The Big Family), featuring a bird made of sky.

Several titles come from literary works:

Almayer’s Folly (Joseph Conrad’s first novel)

The Domain of Arnheim (by Edgar Allan Poe)

The Married Priest (by Barbey d’Aureyvilly), etc...

I couldn’t find any clear link between the little essay by Poe and what is represented in the painting, and this is not really clearer for Almayer’s Folly. The fantastical building represented (a tower with roots) could remind us of Almayer’s pretentious house, of the lush vegetation of Borneo or could be a metaphor for Almayer’s deep-rooted Folly… Anyway I don’t think that one interpretation was intended, maybe no interpretation at all. Something shadowy remains and this is what is so attractive. The legend has it that Magritte was not the one who chose the title; he would just show the paintings to his friends and ask them what they were about, according to them.

I cannot resist adding two more paintings which I like and whose titles seem self-evident _ so well chosen. The first one is very amusing: it shows a painter taking an egg for model and painting a bird on his canvas. Its title? Clairvoyance. You cannot dream of a better metaphor…

The last one is both strangely attractive and disturbing at the same time. “The Lovers” shows two figures, one male and one female, kissing each other… nothing to be surprised about, except that their faces are covered with a white sheet… I guess Magritte is playing here with a frozen phrase, as in many painting: “Love is blind”. But there is more to it. The lovers are hidden from the spectator’s voyeurism, like two paintings hidden from the public before being exhibited. It conveys an impression of privacy, stealth and sensuality. The white sheets are that of a bed, of course, but could also remind us of a shroud...

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06 juillet 2006

Slippery Slope / Pente savonneuse

"…[I]f once a man indulges himself in murder, very soon he comes to think little of robbing; and from robbing he comes next to drinking and Sabbath-breaking, and from that to incivility and procrastination. Once begin upon this downward path, you never know where you are to stop. Many a man has dated his ruin from some murder or other that perhaps he thought little of at the time."

Thomas de QUINCEY, On Murder Considered As One of the Fine Arts

"... Pour peu qu'un homme se laisse aller à l'assassinat, il en viendra bientôt à boire et à enfreindre le Sabbath, et de là, il tombera dans l'impolitesse et la nonchalance. Une fois engagé sur cette pente, Dieu sait où il s'arrêtera. Plus d'un homme a daté sa ruine de tel ou tel assassinat auquel, en son temps, il n'avait guère attaché d'importance."

Thomas de QUINCEY, De l'Assassinat Considéré comme l'un des Beaux Arts
(Traduction Pierre Leyris)

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05 juillet 2006

Traduction automatique / Literal Translation

LIt’s sometimes so annoying to spend half an hour translating a two-line text packed of idiomatic phrases and puns that you dream of a magical click which would do it for you… Well, it’s still possible to try “Google translation” (or indeed any other literal translation): http://translate.google.com/translate_t

It may be a bit risky if you actually intend to hand the result back to your professor or teacher, but at least you’ll have a good laugh _ or he will.

You can even get very poetical texts in the manner of the surrealists if you translate a text into another language and then this result back into your language, etc... After several translations you simply won’t recognize the text _ and you’ll not be too sure what language it is written in.

Here are two examples taken from two awfully famous French texts. The first extract is the first two lines of ‘Remembrance of Things past’ by Marcel Proust, _ or ‘With the Research of Wasting Time’ as proposed by Google translation. Doesn’t sound so nice, does it?The second text is a fable by Lafontaine which every French pupil is supposed to know by heart. I know I should have written a ‘real’ translation to enable you to compare but I do not dare to translate these texts… it may be not much better! Here is a proposed translation: http://www.pacificnet.net/~johnr/cgi/aesop1.cgi?jdlf&i1ms&i2l.jpg

On en a parfois tellement marre de passer une demi-heure à traduire deux malheureuses phrases bourrées d’idiotismes et de jeux de mots qu’on se prend à rêver d’une traduction instantanée en un clic magique. On peut toujours essayer « Google translation » ou n’importe quel logiciel de traduction automatique :http://translate.google.com/translate_t

Ce n’est pas sans risque quand on compte rendre le résultat à son professeur mais les fous rires sont garantis… pour vous comme pour lui !

Mais ces logiciels géniaux d’absurdités ne se limitent pas à d’aussi prosaïques usages. Ce sont des machines à produire des textes très poétiques un peu dans la lignée des surréalistes _ enfin pour peu qu’on soit en veine lyrique. Il suffit pour cela de traduire un texte dans n’importe quelle autre langue, puis de retraduire le texte obtenu en français, et ainsi de suite. Après plusieurs traductions successives vous ne reconnaîtrez pas le texte de départ, et vous aurez de sérieux doute sur la nature de la langue dans lequel il est écrit. Allez, deux morceaux de bravoure de la littérature française pour s’amuser un peu…

A la recherche du temps perdu / Remembrance of Things Past

  • Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. »
  • A long time, I lay down early. Sometimes, hardly my extinct candle, my eyes were closed so quickly that I did not have time to say to me:  “I fall asleep.”
  • Un à long terme, je fixe tôt. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux ont été fermées tellement rapidement que je n'ai pas eu le temps pour dire à moi : "Je tombe endormi".
  • In the long run, I fix early. Sometimes, hardly my extinct candle, my eyes were closed so much quickly that I did not have time for saying to me:  “I fall deadened. 
  • En fin de compte, je fixe tôt. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux ont été fermées tellement rapidement que je n'ai pas eu le temps pour dire à moi : « Je tombe amorti.  »

No comment.

Marcel Proust serait-il devenu aussi célèbre s’il avait commencé sa Recherche par «  En fin de compte, je fixe tôt. » ?

Aller, un petit autre qui vous rappellera de bons souvenirs d’école primaire…

La Cigale et la Fourmi / The Cicada and the Ant

La Cigale, ayant chanté

Tout l'été,

Se trouva fort dépourvue

Quand la bise fut venue :

Pas un seul petit morceau

De mouche ou de vermisseau.

Elle alla crier famine

Chez la Fourmi sa voisine,

La priant de lui prêter

Quelque grain pour subsister

Jusqu'à la saison nouvelle.

"Je vous paierai, lui dit-elle,

Avant l'Oût, foi d'animal,

Intérêt et principal. "

La Fourmi n'est pas prêteuse :

C'est là son moindre défaut.

Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse.

- Nuit et jour à tout venant

Je chantais, ne vous déplaise.

- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.

Eh bien! dansez maintenant.

2nd translation from French :

The cicada having sung

Very be,

Was extremely private

When the wind of north had come.

Not only one small piece

Of fly or small worm.

It went to shout famine

In the ant its neighbor,

Inviting it to lend

A certain grain to him to remain

Until the springtide.

"I will pay, to you say it him,

Before August, faith of animal,

Interest and the principal thing."

The ant is not prêteuse:

It is its least defect there.

"What did you make at hot time?"

It says to this emprunteuse.

"Harmed and coming day all

I sang, does not oppose with you."

"You sang? I am facilitated strong.

Good Hein! Dance now."

2ème traduction de l’anglais au français :

La cigale ayant chanté

Très soit,

Etait extrêmement privée

Quand le vent du nord était venu.

Non seulement un petit morceau

De mouche ou de petit ver.

Il est allé crier famine

Dans la fourmi son voisin,

L'invitant pour prêter

Un certain grain à lui pour rester

Jusqu'au springtide.

Je te payerai, parole il il,

Avant août, foi d'animal,

D'intérêt et de la chose principale.

La fourmi n'est pas prêteuse : c'est son moindre défaut là.

"Qu'avez-vous fait au temps chaud ?"

Il indique à cet emprunteuse.

"Jour nui et prochain tout

J'ai chanté, ne m'oppose pas avec toi."

"Vous avez chanté ? Je suis fort facilité.

Bon Hein ! Danse maintenant."

Quelques petites remarques quand même : certains passages ne sont pas trop mal conservés, d’autres sont carrément incompréhensibles : "La Cigale ayant chanté très soit", kesako ? C’est tout simplement parce que « été » n’a pas été compris comme le nom désignant une période de l’année où l’on émigre vers le sud pour se faire griller sur des plages bondées, mais interprété comme le participe passé du verbe être, donc traduit « been ». Comment ‘been’ est passé au subjonctif m’échappe encore je doit le dire. Au bout d’un moment pour certains mots compliqués (?) le traducteur ne se donne même plus la peine de traduire, d’où le « springtide ». Et pourquoi la fourmi devient-elle brusquement hermaphrodite me demandez-vous (la fourmi son voisin) ? Cela vient du pronom neutre utilisé en anglais ‘it’ retraduit ensuite au petit bonheur la chance.

Vous cliquiez ? J'en suis fort aise.

Eh bien ! Traduisez maintenant !

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01 juillet 2006

Eclat trompeur

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27 juin 2006

Blackadder suite et fin/ Little guides to the episodes

Hello ! I probably won’t be able to update this blog more than once a week from now on, as I’ll soon begin my summer job. Here is the last part to my presentation of the Blackadder series.

A partir de maintenant je n’aurai probablement pas le temps de mettre à jour ce blog plus d’une fois par semaine, comme je commence bientôt mon job d’été. Dernier volet de ma présentation de la série Blackadder.

Season 1 : The Blackadder

The first season is usually not very highly considered by Blackadder’s fans, compared to the three utterly brilliant other seasons. Still, it remains very funny. In this season, Baldrick is the clever guy and Prince Blackadder is nothing more than a stupid worm, with facial expressions reminding vaguely of Mr Bean’s.

The foretelling : Richard the 3rd was killed by Henri Tudor at the battle of Bosworth Field. Or was he? Forget about Shakespeare: the real _ unwitting _ murderer is slimy Prince Blackadder. Worth seeing for nice allusions to Shakespeare plays: Richard the 3rd (the king is depicted as genial man, whistling quietly for his horse!) and Macbeth among others.

Born to be a king : Blackadder has to organise festivities to celebrate the King's imminent return from the crusades. He is more concerned about his plans to kill the annoyingly Scottish supreme commander of the King's army, Lord Douglas McAngus, who was rewarded with his own lands in Scotland.

The Archbishop : Blackadder is a bit upset when he is appointed Archbishop, knowing that the three previous one accidentally chopped their heads when shaving, with a little help of the king. The second best episode of this season to my mind. A very funny passage where Archbishop Blackadder tries to persuade a dying nobleman to leave his lands to the royal authority and not to the Church, explaining that heavens can be quite a boring place. (“You see, the thing about heaven is that heaven is for people who like the sort of things that go on in heaven. Like, well, singing, talking to God, watering pot plants.”)

The Queen of Spain’s Beard : BlackAdder desperately tries to escape a marriage with the sex-obssessed, hairy Infant of Spain. Definitely the funniest episode of this season, thanks to the exhilarating character of the interpreter. Witchsmeller Pursuivant : Blackadder, Baldrick, Percy and Blackadder’s horse (!) are tried for witchcraft. A disappointing episode.

The Black Seal : BlackAdder, who was stripped of all his titles and lands by the king, decides to strikes back by recruiting the six most evil men of the country to help him take control of the country. Will he be king at last? Not really funny, but it is the closing episode of the last season.

Season 2 : Blackadder II

A U-turn in this season: Lord Edmund Blackadder is a calculating courtier with a fine beard which makes him (almost) attractive. Miranda Richardson (Harry Potter and the Goblet of fire, Sleepy Hollow) incarnates a playful Queen Elisabeth Irst whose favourite hobby is to have people’s head chopped…

Bells: Lord Blackadder feels strangely attracted by his young handsome page Bob. An amusing remake of Twelfth Night.

Head: Blackadder is appointed Lord high Executioner, a job almost as risky as that of the executed. Will he save his own head? Including an attempt at teaching Baldrick how to count:

BLACKADDER: Let's try again. If I have two beans and then I add two more beans, what does that make?

BALDRICK: Umm... a very small casserole?

Potato: The whole court and indeed the whole city, with the exception of Blackadder, is celebrating the return of the famous explorer Walter Raleigh. Blackadder vows to outdo him by sailing around the deadly Cape of Good hope _ or so he says to an admiring Queen. My favourite episode in season two.

Money: Blackadder has to find one thousand pounds by the end of the day if he doesn’t want to be brutally murdered by his creditor, the baby-eating Bishop of Bath and Wells. He tries to earn money in every possible way, including by putting Baldrick on the game. Also very amusing, and utterly immoral.

Beer: Blackadder promises to hold a drinking contest in his house with Lord Melchett, the very day his puritan relatives the Whiteadder come to discuss his inheritance. All this considering that he usually cannot drink without putting on pointy hats and singing songs about goblins.

Chains: Blackadder and Melchett are kidnapped by a sadistic German Prince with a dreadful accent and the knack for perfect disguises. Hugh Laurie, who will play George in the next two seasons, has the role. The unexpected end is worth seeing.

Season 3 : Blackadder III

Even better than season II. The episodes have very nice titles (thanks to Jane Austen!). Blackadder is now a mere butler to stupid Prince Regent George.

Dish and Dishonesty : Pitt the younger, who has just been elected Prime minister, wants to have the Prince’s tremendous expanses radically cut down. Blackadder soon comes up with a solution: having Baldrick elected to counteract him. But Blackadder forgot that “If you want something done properly, kill Baldrick before you start”. An amusing satire of political corruption.

Ink and Incapability: Prince Georges decides he’ll patronize Samuel Johnson’s dictionary. But the manuscript seems to have mysteriously disappeared… Could it be that Baldrick threw it into the fire ? My favourite episode in the 3rd season together with the closing one. Even wittier than usual, with varied games of language, which is fitting for an episode featuring many literary celebrities, Samuel Johnson of course but also Coleridge, Shelley and Byron _ Johnson never met them in reality, as he died before Shelley was born !

Nob and nobility: It seems that everyone in Britain is mad with admiration for the Scarlet Pimpernel, who has been bravely rescuing French aristocrats from evil revolutionaries. Everyone except Blackadder, who nonetheless bets he’ll be able to rescue an aristocrat himself. The least I can say is that Frenchmen are not depicted in a very nice way!

Sense and senility: After an anarchist threw a bomb at him, Prince George asks his two favourite actors _two shameless hams_ to coach him to recite a speech. For all theatre lovers!

Amy and Amiability: Prince George is so desperately broke that Blackadder tries to have him marry the fantastically wealthy heiress, Miss Amy Hardwood. The sadistic shooting of the squirrels at the end will please any person traumatised in their childhood by Disney’s singing squirrels.

Dual and duality: The Duke of Wellington challenges the Prince to a duel after the latter spent the night with the Duke's nieces. The closing episode of this season is a grand finale! The world is upside-down: Prince George switch clothes with his butler Blackadder ; dim-witted Baldrick has a cunning plan which is actually cunning ( though Blackadder doesn’t like it ), and, in the end, Blackadder gets what he didn’t even dare to hope. Delicious to the last minute.

Season 4 : Blackadder goes fourth

Even better than season III. World War I, in the trenches : Captain Blackadder has to cope with two incompetent subordinates, Lieutenant George and private Baldrick, a venomous rival, Captain Darling, and a mad superior who keeps launching absurd attacks.

Captain Cook : General Melchett is looking for a talented artist who can do an especially stirring painting for the cover of King and Country magazine. Brilliant.

Corporal Punishment: Blackadder is court-martialled after he shoots a carrier pigeon carrying Melchett’s order to attack. Brilliant. The annoying thing with the fourth season is that all episodes are equally brilliant. But I like this one even more. So deliciously absurd_ and probably not that far from reality.

Major Star: Blackadder has to organise a concert party to raise the soldier’s morale. The star acts include Baldrick’s impersonation of Charlie Chaplin (with the help of a dead slug for a moustache) and a drag act from Lieutenant George.

Private planes: Inspired by the cushy life that Lord Flashheart seems to enjoy, Blackadder, Baldrick, George and Darling join the Royal Flying Corps. General Hospital: Blackadder’s mission is to find the German spy at the hospital where lucky George were sent.

Gooodbye: General Melchett has finally ordered the company to go "over the top", that is to say charge to their certain deaths. This very last episode is not only funny, it is also very moving. It is the only time Blackadder is doing something courageous since the beginning of the series.

It was voted best episode on the BBC site, while the whole series itself was voted second best British series ever. In short, see it.


Saison I La Vipère Noire

La première saison n’est en général pas vraiment appréciée par les fans de Blackadder, comparée aux trois autres saisons absolument géniales. Elle reste cependant très distrayante. Dans cette première partie Baldrick est le plus intelligent ; le Prince Blackadder n’est rien d’autre qu'un vermisseau stupide, que ses grimaces rapprochent vaguement d'un Mr Bean.

The foretelling: Richard III a été tué à par Henri Tudor à la bataille de Bosworth Field. Mais en est-on si sûr ? Oubliez Shakespeare : le vrai meurtrier (involontaire) est le tortueux Prince Blackadder. A voir pour les allusions sympas aux pièces de Shakespeare : Richard III ( le roi est représenté comme un homme charmant qui siffle son cheval d'un cœur léger !), Macbeth (les trois sorcières) et Hamlet (le fantôme).

The Archbishop: Blackadder s'inquiète un peu de sa nomination au poste d'archevêque, car les précédents ont eu une fâcheuse tendance à se décapiter accidentellement en se rasant (avec l'aide du roi). Deuxième meilleur épisode de la saison. Un passage très drôle où Blackadder, archevêque, essaie de persuader un noble sur son lit de mort de céder ses terres à l'autorité royale et pas à l'Eglise, en lui expliquant qu'on ne s'amuse pas tous les jours au Paradis.

Born to be a king: Blackadder est contraint d'organiser des festivités pour fêter le retour imminent du roi parti aux croisades. Il est plus occupé à formenter des complots contre le chef suprême des armées du roi, Lord Douglas MacAngus, trop écossais à son goût, et à qui ont a accordé ses propres terres en Ecosse.

The Queen of Spain's Beard: Blackadder essaie désespérément d'échapper à un mariage avec une infante d'Espagne moustachue et sexuellement vorace. Sans aucun doute l'épisode le plus drôle de la saison, grâce au personnage hilarant de l'interprète.

Witchsmeller Pursuivant: Blackadder, Baldrick, Percy et... le cheval de Blackadder sont jugés pour sorcellerie. Un épisode décevant.

The Black Seal: Blackadder, à qui le roi a retiré tous ses titres et ses terres, décide de contre-attaquer en faisant appel aux six plus abominables brigands du pays pour qu'ils l'aident à prendre le pouvoir. Sera-t-il enfin roi ? Pas le plus drôle des épisodes, loin de là, mais c'est celui qui clôt la première saison.

Saison II Blackadder II

Virage à 180° pour cette saison : Lord Edmund Blackadder est un courtisan intrigant avec une fine barbe qui le rend (presque) séduisant. Miranda Richardson (Harry Potter et la Coupe de Feu, Sleepy Hollow) incarne une Reine Elizabeth mutine qui n'aime rien de mieux que de faire décapiter les gens qui l'entourent...

Bells: Lord Blackadder ressent une étrange attirance pour son jeune et beau page Bob. Un remake très amusant de Le Nuit des Rois de Shakespeare. Head : Blackadder est maintenant en charge des exécutions, un travail presque aussi risqué que celui de condamné à mort. Réussira-t-il à sauver sa propre tête? En bonus: Baldrick qui s'essaie au calcul :

BLACKADDER : Bon, on recommence. Si j'ai deux flageolets et que je rajoute deux flageolets, qu'est-ce que que j'obtiens ? BALDRICK : Hummm... un tout petit cassoulet ?

Potato: La cour entière, que dis-je, la ville entière se réjouit du retour du fameux explorateur Walter Raleigh. Sauf Blackadder évidemment. Celui-ci jure devant sa reine qu'il fera mieux que lui puisqu'il s'embarque à l'instant pour le Cap de Bonne espérance, dont il ne faut pas espérer revenir... Mon épisode préféré dans la saison 2.

Money: Blackadder doit trouver cent livres avant la tombée de la nuit s'il ne veut pas finir odieusement assassiné par son créancier, l'évêque de Bath et Wells croqueur de marmots. Il essaie d'obtenir de l'argent par tous les moyen, y compris en ordonnant à Baldrick de faire le trottoir... Egalement très drôle, et tout à fait immoral.

Beer: Blackadder jure à Lord Melchett de participer à un concours de beuverie dans sa propre maison. Malheureusement, c'est ce soir qu'ont choisi son oncle et sa tante, des puritains extrémistes, pour lui rendre visite et discuter héritage.

Chains: Blackadder et Melchett sont enlevés par un Prince germanique sadique à l'accent épouvantable qui est aussi un génie du déguisement. C'est Hugh Laurie ( George dans les deux saisons suivantes) qui a le rôle. La fin pour le moins inattendu vaut le détour !

Saison III Blackadder III ( La Régence )

Encore meilleur que la saison II. J'aime beaucoup les titres des épisodes ( merci Jane Austen !). Blackadder n'est désormais plus que majordome, au service du stupide Prince Régent George, fils de Georges III.

Dish and Dishonesty: Pitt le Jeune, qui vient d'être élu Premier Ministre, veut diminuer de façon radicale les dépenses somptuaires du Prince. Blackadder ne tarde pas à trouver la solution : faire élire Baldrick député pour faire basculer la majorité à la Chambre. Blackadder a oublié un détail: Baldrick vivant, inutile d'espérer réussir quelque chose ! Une satire amusante de la corruption politique.

Ink and Incapability: Le Prince décide de patronner le Dictionnaire de Samuel Johnson. Problème: le manuscrit a mystérieusement disparu... Se pourrait-il que Baldrick l'ait jeté au feu ? Mon épisode préféré dans la saison 3, avec le dernier. Tout repose sur des jeux de langage déchaînés; on assiste à un vrai défilé de célébrités littéraires: Samuel Johnson, bien sûr, mais aussi Coleridge, Shelley et Byron... Johnson qui ne les a jamais rencontrés en réalité, puisqu'il est mort avant la naissance de Shelley !

Nob et Nobility: Tous le monde en Angleterre semble pétrifié d'admiration devant le courage du Mouron Rouge, un homme mystérieux qui a sauvé de nombreux aristocrates français de la guillotine au péril de sa vie. Tout le monde sauf Blackadder, comme d'habitude. Celui-ci fait le pari qu'il est lui aussi capable de sauver un aristocrate. Le moins qu'on puisse dire est que les Français ne sont pas présentés sont un jour très favorable dans cet épisode !

Sense and Senility: Le Prince George a été pris pour cible par un anarchiste. Il décide d'engager ses acteurs préférés _ des cabotins finis_ pour qu'il l'aide à réciter un discours. Pour tous les amoureux de théâtre.

Amy and amiability: Le Prince est tellement fauché que Blackadder essaie de le marier à une richissime héritière, Miss Amy Hardwood. La séance de tir sur écureuils, à la fin, ravira tous ceux qui ont été traumatisés dans leur enfance par les gentils rongeurs chantants des films Disney.

Dual and Duality: Le Duc de Wellington provoque en duel le Prince George après la nuit de débauche que celui-ci a passé avec les nièces du Duc. Cet épisode final est une apothéose ! Le monde est sens dessus dessous : le prince George échange ses vêtements avec ceux de son majordome, le plan subtil de Baldrick est effectivement subtil, même s'il n'est pas au goût de Blackadder, et celui-ci obtient à la fin ce qu'il n'osait même pas espérer..

Saison IV Blackadder, la Vipère Noire au front

Encore meilleur que la saison III. 1ère guerre mondiale, les tranchées: Le capitaine Blackadder doit faire face aux deux incompétents sous ses ordres, le lieutenant George et le poilu Baldrick, un rival venimeux, le Capitaine Darling, et un supérieur fou furieux qui n'arrête pas de lancer des attaques absurdes.

Captain Cook: Le Général Melchett recherche parmi ses hommes un artiste talentueux pour réaliser la couverture de Roi et Patrie. Génial. Corporal Punishment: Blackadder passe en court-martial pour avoir tué (et mangé) le pigeon voyageur qui transportait l'ordre d'attaquer. Le problème avec la saison IV c'est que tous les épisodes sont plus géniaux les uns que les autres. Mais celui-ci est petu-être mon préféré. Il est si délicieusement absurde _ et peut-être pas si loin de la réalité.

Major Star: Blackadder est charger d'organiser un cabaret pour remonter le moral des troupes. Les numéros vedettes : Baldrick qui imite Charlot, avec une limace morte pour moustache, et le numéro de travesti du lieutenant George.

Private planes: Inspirés par la belle vie que semble mener Lord Flashheart, Blackadder, Baldrick, George et Darling s'engagent dans l'aviation.

General Hospital: Blackadder a pour mission, s'il l'accepte, de retrouver l'espion allemand qui se cache dans l'hôpital où ce chanceux de George a été envoyé.

Goooodbye: Le Général Melchett a finalement donné l'ordre d'attaquer et de franchir le no man's land, ce qui signifie, en fait, une mort certaine pour tous. Le dernier épisode n'est pas seulement drôle, il est aussi très émouvant. On assiste au seul acte de bravoure de Blackadder depuis le début de la saison.

Gooodbye a été élu meilleur épisode de la série sur le site de la BBC. La série elle-même se classe à la deuxième place du classement des meilleures séries britanniques de tous les temps. Bref, A VOIR !!!


Posté par cheshirecat à 19:34 - - Commentaires [7] - Rétroliens [0]


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